SOCIÉTÉ

A la découverte de Nacham Africa, une organisation qui console les patients vulnérables dans les hôpitaux publics

Si vous êtes à Bujumbura ou ailleurs vous avez peut-être déjà entendu parler de Nacham Africa. Nous sommes partis à la rencontre d’Armand IJIMBERE, fondateur et représentant légal de Nacham Africa. Il nous parle de cette organisation caritative.

EJO : Nacham Africa, parle-nous–en ?

Armand IJIMBERE: Nacham est un nom hébreux pour signifier <La Consolation> et Africa parce que notre rêve est de conquérir toute l’Afrique et c’est une organisation à but non lucratif opérant au Burundi, visant à aider les patients vulnérables situés dans les hôpitaux publics.

EJO: Qu’est ce qui t’a motivé pour créer une telle organisation ?

Armand IJIMBERE: Cela faisait quelques années que je n’étais pas au pays et à mon retour en 2017 j’allais rendre visite à un proche sur l’avenue Muyinga et juste en passant devant l’hôpital clinique Prince Louis Rwagasore j’ai eu la curiosité d’aller voir ce qu’il était advenu de cet endroit qui m’a vu naitre. Je suis entré, j’ai fait le tour du corridor et là j’ai commencé à discuter avec les patients et tous me parlaient de la pauvreté qui les paralysent, du manque d’argent, de médicament etc…

Je suis entré dans une chambre où il y avait un jeune de 20 ans qui m’a dit qu’’il venait de passer 4 mois là sur le lit de l’hôpital et que sa famille après l’avoir déposé là personne n’est revenu le voir. Cette histoire m’a tellement touché que je me suis donné l’initiative de passer les voir assez souvent. Au fur et à mesure que je venais, je découvrais que les malades vulnérables qui ont besoin d’aide sont de plus en plus nombreux. Alors mon apport était comme une goutte d’eau dans l’océan mais je me suis dit que des personnes qui comme moi ont le cœur de venir en aide à ces démunis sont nombreux et qu’il me fallait les rassembler. C’est par là que j’ai commencé à toquer par ici par là pour voir ce que je pouvais avoir comme aide et aussi j’ai fait appel aux volontaires qui sentaient tout comme moi cette soif d’aider ces malades de se joindre à moi, et aujourd’hui nous sommes à plus de 130 volontaires.

EJO : Comment parvenez- vous  à les identifier?

Armand IJIMBERE: Pour les identifier on travaille avec le service social de l’hôpital parce qu’eux, ils savent la situation de chaque patient qui est admis ici à l’hôpital et s’il y a un cas qui nous concerne il nous l’envoie et nous on travaille sur base des informations fournies par le service social.

EJO : Vous avez un nombre limité des malades que vous assistez?

Armand IJIMBERE: Non pas du tout, on ne pourrait pas le faire parce qu’ils ont besoin de nous, ils n’ont personne d’autres pour les aider. La plupart d’entre eux proviennent de l’intérieur du pays et n’ont aucun proche à Bujumbura.

EJO : Où trouvez-vous les moyens?

Armand IJIMBERE: Dans notre Organisation, nous avons différents programmes. On a le « Programme GEMURA » qui consiste à les nourrir et là j’ai pu avoir un partenariat avec la boulangerie baguette magique qui nous fournis du pain chaque matin et il y a aussi d’autres individus qui nous donnent de la bouillie et du sucre, par mois on peut offrir pas moins de 780 petit déjeuner ; on a aussi le «Programme KIRA » qui consiste à les aider à avoir des médicaments. En général les vulnérables sont pris en charge par le ministère de la solidarité mais il y a des médicaments et des examens qui sont très chers que le ministère ne couvre pas, et c’est là que nous intervenons. On fait des collectes de fond en toquant à différentes portes et ceux qui le peuvent nous aident. Depuis le début de ce programme, on a déjà aidé pas moins de 240 patients. Nous avons aussi le « Programme REMESHA » qui consiste à leur apporter un soutien moral parce que si on parvient à panser les blessures du cœur, le corps suivra. Dans ce programme on a ce qu’on appelle les  conseils positifs, on leur montre en utilisant la parole de Dieu que tout est encore possible. Nous avons aussi le Nacham Worship Team qui sont des jeunes qui viennent les aider à faire la louange, on invite aussi des gens qui viennent leur faire des témoignages etc…

EJO : Est-ce facile de pouvoir réaliser tout ça?

Armand IJIMBERE: ce n’est pas du tout facile quand tu as un patient qui te prend comme un sauveur alors que tu n’as pas vraiment les moyens de pouvoir l’aider, mais bon à chaque fois Dieu nous fait Grâce on trouve des âmes charitables même si ce n’est pas suffisants nous rendons Grâce pour le peu que nous recevons.

EJO: Vos perspectives d’avenir?

Armand IJIMBERE: Dans nos projets les plus proches nous voulons instaurer le «programme KINA » qui sera pour les enfants qui sont  à l’hôpital. Nous avons deux catégories d’enfants il y a les enfants qui sont ici parce qu’ils sont malades et il y a d’autres enfants qui sont obligés de rester ici à cause de leur mères hospitalisées. Tous ces enfants assistent à des scènes qu’ils ne devraient pas voir à leur âge ce qui les affecte psychologiquement. Avec ce programme nous voulons apporter un petit paradis dans ce monde que ces enfants voyaient comme un enfer, on va aménager des salles de jeux dans les hôpitaux où il y aura différents jeux, les télévisions, ils vont aussi bénéficier d’un suivi psycho-social. Nous allons permettre à ces enfants de vivre pleinement leur enfance au sein de l’hôpital ; nous voulons aussi instaurer le Programme  « NACHAM EDUCATION» qui sera pour aider les enfants dont les parents sont hospitalisés  en facilitant l’accès à l’école à ces enfants moyennant le payement des frais scolaires ainsi que tout le matériel nécessaire.

EJO: un dernier mot?

Armand IJIMBERE: Je voulais vous remercier d’avoir pensé à nous et j’invite tous ceux qui ont le cœur d’aider les vulnérables des hôpitaux de venir se joindre à nous.

Pour les bonnes âmes charitables qui voudraient aider mais qui ne voient pas par où commencer Nacham Africa est votre plateforme. Joignez-vous à eux dans leur noble mission. Nacham Africa a pour mission principale de prendre soin des besoins médicaux, financiers et sociaux des cercles vulnérables.

Pour plus d’informations, appelez au (+257)79349367 ou au (+257) 61006883 ou visiter leur site web : www.nachamafrica.org

 

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