SOCIÉTÉ

Recensement général des chômeurs : 188.011 personnes déjà enregistrées

Le gouvernement burundais a procédé, ce samedi le 12 septembre 2020, au lancement du recensement de tous les jeunes burundais scolarisés en quête d’emplois. C’est une activité qui voit la présence de ces jeunes agacés d’une vie de « ligala» et de « kwisumamwo » (se débrouiller juste pour survivre).  Au programme du Ministère, l’activité était censée prendre fin ce lundi le 14 septembre à 12H00, heure de Gitega. Mais, elle vient d’être prolongée d’une semaine.

Une inscription au ralenti

Ce lundi à 10h, au centre ville de Bujumbura, une centaine de cartes d’identités bien entassés sur les tables,  des jeunes filles, les unes assises, les autres débouts les yeux piteusement fixés aux agents chargés de l’enregistrement, et des jeunes hommes qui causent sans grande énergie, tous visiblement fatigués. L’inscription touche à ses dernières heures à ce centre d’enregistrement  installé à l’ex-marché central de Bujumbura.

Nous rencontrons une jeune fille d’autour d’une trentaine qui vient pour se faire inscrire. « Je viens de passer 4 ans au chômage après avoir décroché mon diplôme d’Ecole Secondaire à Mugamba. Je suis allée me faire inscrire ce dimanche à Musaga où j’habite, mais on m’a refusé sous prétexte que je n’ai pas apporté mon diplôme qui se trouve pour le moment à Mugamba. Mais pour beaucoup d’autres, on ne demande que la carte nationale d’identité. J’y suis retournée très tôt avec un espoir d’être écoutée sans succès. C’est pourquoi je suis venue ici. », raconte-t-elle d’un ton frustré.

« Malheureusement, je trouve toute cette foule ici. Vraiment, si l’Etat n’accorde pas un autre délai pour les inscriptions, il est très difficile que tous les chômeurs soient inscrits. », conclue la jeune fille de Musaga. Bon nombre de chômeurs trouvés sur place avouent en avoir marre de la lenteur de l’activité.

Plus de chômeurs que prévu ?

Dans différents centres d’inscriptions, il s’est observé de terribles files d’attente. Et les agents chargés de l’enregistrement ont été débordés. Didier-Patrice est un jeune infirmier, chômeur depuis 2 ans après son diplôme de Baccalauréat en Sciences Infirmières à l’Université Lumière de Bujumbura. « Je suis allé me faire inscrire dans l’avant-midi de ce dimanche au Lycée Minicipal de Gasenyi. J’ai été accueilli par une longue file de chômeurs assoiffés d’être inscrits », confie-t-il.

Et de marteler : « Quand j’ai demandé où on en était, on m’a répondu qu’on enregistrait toujours ceux qui avaient déposé leurs cartes d’identité samedi le soir. »

Dany*, lui, est jeune chômeur habitant à Kamenge. Il a quitté Kamenge pour se faire inscrire au centre-ville de Bujumbura : « J’ai beaucoup apprécié le déroulement de l’activité. Là on est rapide dans l’enregistrement, mais le problème majeur est qu’il y a un nombre extrêmement élevé de chômeurs de façon que malgré la rapidité des agents, on finit par y passer des heures et des heures. »

Quantité de chômeurs rencontrés comme Claver, bachelier et chômeur depuis juste quelques mois et vendeur de carte de recharge à Bujumbura, suggèrent que vu les files d’attentes et des arrivées continues qui affluent de tout côté, le gouvernement devrait accorder une prolongation de quelques jours pour qu’aucun chômeur qui le souhaite ne rate pas cette inscription.

Notons aussi que des irrégularités se sont manifestées lors de cette inscription entre autres les décharges des batteries des Smartphones utilisés au moment où les powerbank dont on se servait étaient à un niveau le plus bas. Tout cela contribuant à la lenteur de l’activité.

Au moment où on écrit cet article, le Ministère de l’Intérieur vient de prolonger la période d’inscription  d’une semaine vue les longues files qui s’observent toujours aux centres d’inscription.

Jean Marie Vianney Mpawenimana ”Bolingo”

 

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