Fumeuse que je suis, je m’en veux

Salut, ce soir j’ai eu envie de me raconter un peu. Je ne sais pas qui lirait mon histoire, mais j’ai envie de m’ouvrir un peu.  A 20h, j’ai pris ma cinquième cigarette. En l’allumant, c’est comme si mon cœur se dévastait. Mais je garde espoir qu’un jour je ne calcinerais plus mes poumons. En plus hier, j’ai passé la nuit à l’Eglise en pleine veillée de prière. Ça viendra je vous dis.

Je te vois brûler d’envie de connaitre mon nom, Ça tu peux oublier Wallah ! Je ne vais pas quand même balancer mon identité comme Ça. Après tout il y en a au quartier qui ne savent toujours pas que je fume. Du moins j’espère.

C’est en 2012 que je découvre ce que c’est une cigarette. Mon petit ami m’y a introduite. Innocente que j’étais, je me suis laissée aller. C’était pour moi romantique. Le pauvre, qui tente depuis de m’en empêcher vainement quand on se croise, me motivait à l’époque. Il me disait à longueur des journées que je devais faire ce qu’il faisait. Petit à petit, j’ai pris du plaisir. J’étais encore à l’école secondaire en 10ème année dans un lycée à Bujumbura.

La cigarette, c’est une poison qu’il ne faut pas chercher à prendre. Dès que tu flirtes avec la nicotine, elle te lâche plus je vous jure. On en réclame encore et encore. Je suis arrivée à un niveau où même mon copain s’en voulait. La fille sage que j’étais, ponctuelle à l’église, modèle au quartier, ne pouvait plus partir à l’école sans fumer. (Les larmes coulent sur mes joues).

Je ne toussais plus au contact de la fumée, je n’avais plus honte d’aller à n’importe quelle boutique et demander à haute voix une clope. Dieu seul sait la considération que la société burundaise a d’une fille comme moi. Je suis devenue accro, malgré moi.

2 ans après, l’homme que je voyais comme mon futur mari s’est barré. On avait oublié nos scènes chacun demandant à l’autre du feu. Et voilà, mon autre copain avec qui je me suis mise, fumait aussi.

Pourquoi je vous dis Ça d’ailleurs ? En tous cas j’ai envie d’arrêter. C’est avec amertume que j’allume chaque nouvelle cigarette, même celle que je fume en ce moment. Priez pour moi.

*Khélia DUSHIME

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*Ce texte n’engage que son auteur et non la rédaction

** Le nom de l’auteure a été modifié pour garder son anonymat

 

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