Concours d’idées de projets innovants organisé par FIADI : 4 projets récompensés

Dans la suite de la célébration de la journée internationale des femmes en ingénierie du 23 juin de chaque année, l’association des Femmes Ingénieures Actives pour le Développement Inclusif  «FIADI» en collaboration avec l’Ambassade de France au Burundi a organisé un concours d’idées de projets innovants sous le thème « Façonnons le monde ».

La finale de cette compétition s’est passée ce vendredi  30 octobre dans les enceintes du Royale Palace Hôtel. Les finalistes ont eu quelques minutes pour présenter leurs idées de projets devant un jury. Leurs projets s’inscrivaient dans les quatre secteurs à savoir : la protection de l’environnement, l’agro-alimentaire business, le génie civil et la gestion de l’espace et de l’habitat.

Le jury, de sa part, a évalué chaque projet selon les critères tels que la fiabilité, la faisabilité, la rentabilité et l’existence du marché potentiel du produit ou du service.

Quatre idées de projets ont été primées. Il s’agit du projet d’Aliane Nahimana en rapport avec le compostage à domicile des déchets biodégradables, l’idée de projet de Nadine Nkurunziza sur l’élevage des poules de la race améliorée, l’idée d’Aurore Mugisha sur la fabrication des briques non cuites, ainsi que le projet de Joselyne Bigirimana sur la construction d’une centrale électrique solaire à Kabonga.

La gagnante du premier prix, Aliane Nahimana, a reçu une enveloppe de 1 500 000 Fbu ; la deuxième Nadine Nkurunziza a eu une somme de 1 000 000 Fbu ; la troisième Aurore Mugisha 900 000 Fbu et la quatrième Joselyne Bigirimana 800 000 Fbu.

Quel l’objectif de cette compétition ?

Selon Jeannette Kaneza, la présidente de l’association FIADI : « l’objectif est de susciter un esprit créatif chez les  jeunes filles et femmes passionnées par  l’ingénierie . C’est aussi dans le but d’attirer plus de jeunes filles étudiantes vers les formations d’ingénieures et à encourager et accompagner les femmes ingénieures à gérer leur carrière professionnelle» précise -t-elle.

Etant femmes ingénieures, des défis ne manquent pas.D’après Jeannette Kaneza, la présidente de FIADI, la non-considération dans le milieu de travail est le défi majeur pour les femmes ingénieures. « La femme ingénieure doit travailler trois fois plus que l’homme pour être considérée. En plus, la femme ingénieure bénéficie un salaire minime par rapport à celui d’un homme ingénieur de même niveau » regrette la Présidente.

Et d’ajouter : « Le fait que l’ingénierie n’est pas connu partout au Burundi constitue un autre challenge. Ce qui explique le nombre limité des femmes ingénieures au Burundi ».

Quant à  Aliane Nahimana, la  gagnante du premier prix, le défi majeur pour les jeunes filles de s’orienter dans les domaines d’ingénierie est la peur. « Etant filles, nous avons parfois peur d’étudier les métiers que l’on pense réservés aux hommes» dit-elle.

Les perspectives d’avenir de la FIADI

Dans ses perspectives d’avenir, l’association FIADI compte aller à l’intérieur du pays pour la sensibilisation sur l’existence de l’ingénierie.

« Accompagnées par des femmes ingénieures modèles, nous prévoyons faire des descentes dans les lycées à internat où il y a beaucoup des filles pour parler de l’existence de l’ingénierie. C’est dans le but de susciter le vouloir chez les jeunes filles de continuer ses études dans le domaine de l’ingénierie, une science ouverte pour tous » dit Jeannette Kaneza.

Elle saisit cette occasion pour lancer un appel à l’état d’orienter les jeunes filles dans les facultés d’ingénierie. Pour les parents, ils devraient permettre leurs filles à s’orienter dans l’ingénierie si elles en ont le vouloir.

L’association FIADI se félicite

 «Au Burundi, nous sommes les premières en Afrique à célébrer la journée internationale des femmes en ingénierie. Quand nous avons lancé ce concours, nous avons vu beaucoup des jeunes femmes postuler. Cela nous a montré que l’objectif de l’association FIADI est en train d’être atteint» se réjouit la Présidente.

Actuellement, l’association FIADI compte 28 filles et femmes ingénieures dans plusieurs domaines : Construction, ingénieures en mécanique/électromécanique, Informatique, Statistique etc.

Frédéric  Ntakimazi